Cotonou, le | ---
lundi 31 mai
Bonjour Omondjagoun, mon cher fils
Pour la fête des mères, nous avons attendu en vain ton message. Mes copines du village, tes tantes et nièces ont assiégé notre cour dès l’aube. Elles étaient sûres que tu allais m’appeler pour me souhaiter bonne fête des mères et donc, elles aussi, allaient en profiter pour te dire quelques mots.

Mais hélas ! Dis-moi Omonmi, ça a changé là-aussi ? Que tu aies oublié de dire bonne fête à moi ta mémé en particulier et aux femmes béninoises en général, cela déplait un tout petit peu, je dirai même beaucoup.

Wallaï, c’est la bagarre qui a dissipé l’ambiance d’attente dans notre maison. Comme tes tantes attendaient ton bon geste qui ne venait pas, antie Adjokè, la pagailleuse des pagailleuses a commencé à proférer des paroles pas très gaies à ton égard.

« Levons-nous et allons-y, qu’est-ce qu’on n’a jamais vu ? N’est-ce pas Omondjagoun, petit enfant d’hier qu’on a vu ici ? Non, c’est quoi même la chose ? Moi je suis sûre, compléta une autre, que c’est mémé qui ne veut pas qu’on parle à son fils de prégo. Elle oublie que nous femmes, sommes 52% et que 2011 arrive à grands pas. On verra bien ce qui va se passer, lança quelqu’une d’autre.

Et le comble, c’est ton oncle qui l’a amené. Il vient avec bruit chercher sa femme qu’il injurie de quémandeur alors que rien ne leur manque.

Wallaï, mon fils, ce n’est pas ce que je dis tout bas comme ça hein, on sentait la haine quoi. Si je bronchais, elles allaient me battre avant de regretter quoi. Immunité de mémé de prégo, elles s’en foutaient quoi.

Omondjagoun, en vérité, je te le dis, les femmes ne sont pas à négliger. Ça fait deux fois que tu as laissé maman ta chérie seule parler avec les femmes. Le 8 mars dernier et ce dimanche, fête des mères. C’est son message seul qu’on a eu. C’est bon, très bon même car elle est charmante et a une voix séduisante. Mais cela ne suffit pas. C’est toi qu’on a élu et c’est toi qui vas encore demander la voix des femmes.

Wallaï, à cette allure, cela peut mal tourner, je te le dis. A bon entendeur, salut.

Nonnie ta mémé oubliée. Nonnie, ta mémé.


ONG Dignité Féminine

La Presse au Bénin